Verbes d’action et qualités : mettre des mots sur ses talents

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Demandez à quelqu’un de citer ses trois principales qualités professionnelles : vous obtiendrez souvent un silence gêné, puis quelques généralités empruntées au vocabulaire des offres d’emploi — « rigoureux », « dynamique », « bon relationnel ». Cette difficulté n’est pas un manque de mérite, c’est un fait psychologique bien documenté : nous sommes rarement les mieux placés pour nommer ce que nous savons faire de remarquable, précisément parce que cela nous semble évident. Or ce qui nous paraît évident est souvent ce qui nous distingue.

Le talent invisible à ses propres yeux

L’approche par les forces, développée en psychologie positive par Martin Seligman et ses collègues, repose sur une observation simple : chacun possède des manières d’agir où il excelle naturellement et qui lui procurent de l’énergie. Le problème est que ces forces, parce qu’elles s’exercent sans effort apparent, restent en grande partie invisibles à celui qui les porte. On remarque ce qui nous coûte, rarement ce qui nous est facile. Mettre des mots — des verbes d’action et des qualités — sur ces talents n’est donc pas un exercice cosmétique : c’est un travail de révélation, qui consiste à rendre conscient et nommable ce qui agissait jusque-là en silence.

Le verbe avant l’adjectif

Il y a une raison de privilégier les verbes d’action aux seuls adjectifs. Un adjectif — « créatif », « organisé » — décrit un état figé, facilement contestable et difficile à prouver. Un verbe — « imaginer des solutions », « structurer un projet », « relier des personnes » — décrit un mouvement, une manière de faire qui peut s’illustrer par des exemples concrets. Passer par le verbe ancre le talent dans l’expérience plutôt que dans l’auto-évaluation, ce qui le rend à la fois plus juste et plus convaincant, pour soi comme pour un recruteur. C’est aussi ce qui permet de distinguer son style d’action : deux personnes également efficaces peuvent y parvenir par des chemins très différents, l’une en analysant, l’autre en fédérant.

Un appui pour le projet

Nommer ses talents n’est pas une fin en soi ; c’est un matériau pour décider. Un projet professionnel solide ne se construit pas seulement sur des envies, mais sur la rencontre entre ce que l’on aime, ce que l’on sait faire et ce qui a du sens. Disposer d’un vocabulaire précis de ses verbes d’action et de ses qualités éclaire les deux premières dimensions, et aide à formuler ce que l’on cherche : non pas « un poste de chef de projet », mais « un rôle où je peux structurer, relier et transmettre ». Cette précision change tout dans un entretien, une lettre, ou une réflexion d’orientation.

Le regard de l’expert. Le réflexe, en bilan, est de commencer par les manques — ce qu’il faudrait corriger. C’est souvent une erreur stratégique. On progresse plus loin et plus durablement en cultivant une force déjà présente qu’en colmatant une faiblesse. Nommer ses talents n’est pas de la complaisance : c’est identifier le socle sur lequel un projet a des chances de tenir.

Un point de départ pour le dialogue

Cet exercice prend toute sa valeur lorsqu’il est partagé. Confronter les mots que l’on s’attribue au regard d’un tiers — un pair, un accompagnateur — révèle les angles morts, dans les deux sens : des talents que l’on n’osait pas revendiquer, et des formulations un peu trop flatteuses. Ce travail prolonge naturellement la cartographie des compétences et nourrit les démarches d’orientation comme l’ikigai ou le RIASEC.

Pour mettre des mots sur vos talents et votre style d’action, l’outil des verbes d’action et qualités est disponible sur la plateforme Manaboo. Découvrir l’outil verbes d’action & qualités sur Manaboo.

Checklist pour le manager

  • Ne pas confondre modestie et lucidité : beaucoup sous-estiment leurs talents les plus naturels.
  • Privilégier les verbes d’action aux adjectifs : ils s’illustrent et se prouvent.
  • Demander un exemple concret derrière chaque qualité revendiquée.
  • Partir des forces avant les manques : on construit plus solidement sur un appui que sur un trou.
  • Croiser l’auto-description avec un regard extérieur pour révéler les angles morts.

Sources et concepts cités

  • Seligman, M. & Peterson, C. (2004). Approche des forces de caractère (psychologie positive).
  • Tradition du bilan de compétences : verbes d’action et style opératoire.

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